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dimanche 11 juin 2017

1er convoyage, en un seul mal.

Car c’est singulier, et parce que je suis poli. Et aussi parce qu’on dit un mal, et des mots.



Le premier jour, samedi 3 juin 2017
  • 11h30 : Départ des Marines de Cogolin. 
  • 11h31 : Décision de rester au moteur pour traverser la cohorte de bateaux gigantesques mouillés dans le golfe de St Tropez. Sagesse absolue de la décision, surtout qu’à bien y regarder, tous les bateaux ne sont pas mouillés et beaucoup de ceux qui ne sont pas mouillés font les fous autour de ceux qui le sont. Mouillés, je veux dire. Bref.
  • 12h30 : Folle amoureuse de son capitaine (qui lui sert aussi de pilote automatique il faut bien le dire), l’équipière, fine cordon bleu (remarquez que « bleu » s’accorde avec « cordon » et non pas avec « fine », la langue française faisant fi de tout anti-sexisme), donne la becquée à son héros qui avait grand faim, et il était grand temps.
  • 14h30 : 3 heures que le moteur ronronne et plafonne à 2230 tours pour nous faire avancer à 4 nœuds (moins de 8 km/h) dans une mer hachée, clapoteuse, houleuse, instable, inconfortable, bousculés par les sillages de tous ces gros yachts qui nous doublent en nous frôlant, comme pour nous dire que nous n’avons pas notre place ici. On vient de passer le cap de St Tropez. C’est assez, on met les voiles. Enfin, on décide d’essayer. Car on va devoir naviguer au près, c’est-à-dire remonter le vent, à peu près au près serré, serrés (le cockpit est assez petit). Vous suivez ?
  • 14h45 : Après explications du skipper (le capitaine a plusieurs casquettes, sur ce bateau) et acceptation de l’équipière (elle suivrait son héros jusqu’au bout du monde, même au près) voici le vaisseau bout au vent et le fringant bel homme debout sur le roof à tester sa réparation récente de l’enrouleur de bôme tout en hissant haut (il faut toujours hisser haut) la grand-voile d’un seul élan magnifique qui ferait pâlir le plus chauvin des Canadiens.
  • 14h55 : La GV est enfin hissée (la réparation de la bôme fonctionnait à merveille, mais la révision de la procédure de hissage de la GV par le bel homme sus-cité avait probablement été insuffisante, ou trop bibliothécaire. Notez que quand un anglophone entend « ‘thécaire », il peut comprendre d’aller très doucement, ce qui peut expliquer la lenteur de la manœuvre puisque je comprends très bien l’anglais. Il existe une explication à tout.
  • 15h00 : Enfin de retour dans le cockpit (ne riez pas, ça n’était pas si sûr que ça) le fantastique marin incline le voilier pour dérouler le génois, dans un enthousiasme que seul sa fatigue déjà extrême et sa transpiration non moins impressionnante pouvaient dissimuler.
  • 15h15 : En plus du rappel historique d’une date bien connue des écoliers de la vieille époque (si vous ne comprenez pas pourquoi allez donc réviser la date de la bataille de Marignan), cette heure marque la réussite de l’établissement complet des voiles. Hip Hip Hip Hourra.
  • 15h16 : Le moment magique, celui où l’on coupe le moteur, et où l’on entend uniquement le vent et le bruit de la mer. Vraiment magique. Heureux l’équipage.
  • 15h17 : Le bonheur ne se décrit pas.
  • 16h16 : Le cap Camarat est passé, à la voile ! (Chacun de nous est fier de passer un cap.)
  • 16h17 : Le vent est sympathique, il nous montre exactement la direction qu’il faut prendre, c’est-à-dire celle d’où il vient. Pour les moins marins de nos lecteurs, ça veut dire que le vent se présente sous le seul angle qu’il n’est pas possible de remonter à la voile, c’est-à-dire de face. Pleine face. Paf.
  • 16h18 : Après concertation avec l’équipage – qui je le rappelle car c’est assez rare pour être souligné, est toujours d’accord avec son capitaine – nous décidons de rester à la voile, et donc de louvoyer (pour les moins marins, ça veut dire « aller en zig-zag » pour pouvoir remonter le vent à la voile).
  • 21h00 : Devant le peu de route que nous avons pu faire pendant plus de 4 heures, et après l’estimation du temps encore nécessaire à la navigation pour parvenir au mouillage dans l’anse du Gau que nous avions envisagé, nous décidons de mouiller plus près, dans l’anse de Cavalière, derrière la pointe du Layet pour nous mettre à l’abri du vent de sud-ouest.
  • 21h30 : Après l’affalement des voiles (en fait l’enroulement, si on considère que le bateau est équipé avec un enrouleur de génois et une bôme à enrouleur) la manœuvre du mouillage fut presque parfaite, je ne m’y suis repris qu’à deux fois. Ce qui d’ailleurs m’a permis de remarquer subrepticement que le moteur a eu du mal à redémarrer à ces deux reprises, dénonçant ainsi une faiblesse de la batterie pourtant chargée à bloc avant le départ, et donc un souci électrique qu’il convenait de prévenir plutôt que de guérir : nous décidâmes, d’un commun accord et dans une belle harmonie, de rester sans consommer de batteries dans la lueur de la lune pour cette première nuit au mouillage, ce qui avait en outre l’avantage de saupoudrer notre aventure d’une note d’un romantisme aussi fou que le capitaine pouvait l’être de sa belle.
  • 21h45 : Premier repas au mouillage, dans l’obscurité donc, et le bonheur d’une première partie de mission bien remplie.
  • 23h30 : Après une soirée courte mais merveilleuse, dodo.

Le lendemain, dimanche 4 juin 2017
  • 01h30 : Réveil angoissé, tour de veille pour vérifier que le bateau ne dérivait pas, retour au couchage, essayage vain de fermeture des paupières, comptage de moutons qui n’a pas fonctionné car quand on voit des moutons en mer, comme chacun le sait, ils sont beaucoup trop agités.
  • 01h45...05h30 : Nuit de veille forcée et inconfortable dans un bateau qui bougeait autant que son équipage, mais à contresens, ce qui alors d’après nous n’en avait plus aucun.
  • 06h00 : Après concertation de l’équipage et au vu de l’état musculaire du seul membre assez musclé pour prétendre hisser la Grand-Voile à bord, décision certes pleutre mais au combien très sage de partir immédiatement du mouillage qui bougeait de plus en plus, et de finalement faire le reste de la route jusqu’à Toulon au moteur.
  • 10h30 : Ayant seulement passé le Cap de Medes de Porquerolles après presque 5 heures de navigation au moteur face au vent et contre un clapot qui forçait presque le bateau à reculer, force fut de constater qu’en plus du problème électrique, le moteur – pourtant un 28 chevaux récent et en très bon état – avait probablement un souci de régime insuffisant. Comme le capitaine d’ailleurs, mais ceci est une autre histoire.
  • 10h31 : Appel à la capitainerie du port d’Hyères à qui nous expliquons notre désarroi devant un passage de Giens que nous ne nous sentions pas vraiment. Compassion de la dite capitainerie qui accepta, à notre grand soulagement, que nous venions nous amarrer au quai d’accueil du port et attendre que les vents soient plus favorables, c’est-à-dire pendant quelques jours selon la météo de ce dimanche 4 juin 2017, qui s’était pourtant, remarquons-le, déjà assez bien trompée.
  • 12h30 : Arrivée au port, amarrage, restauration salvatrice et appel d’un taxi qui nous ramena à la maison pour un repos imprévu, mais indispensable. Il est très pratique de vivre des aventures extraordinaires à seulement quelques kilomètres de la maison, surtout pour rentrer rapidement faire la sieste.

Le lendemain, lundi 5 juin 2017
  • 07h30 : Au réveil ce qui fut un fringant capitaine, en ouvrant un œil, s’aperçut que pas une feuille ne bougeait dans les arbres, contrairement à ce qui devait être le cas aux dires de la météo marine, qui, rappelons-le, n’en finissait plus de se tromper.
  • 08h01 : Après vérification de la dernière météo prévue pour la journée, réveil en fanfare de l’équipière, démarrage en trombe pour rejoindre le port d’Hyères, le bateau, l’aventure qui reprenait !
  • 08h30 : Arrivée au port d’Hyères
  • 08h31 : débriefing avec la capitainerie
  • 08h45 : démarrage (hésitant) du moteur
  • 08h47 : largage des amarres, faux départ
  • 08h52 : manœuvre de retour, ré-amarrage, récupération des provisions et de la tablette avec le logiciel de navigation oubliés dans la voiture
  • 08h59 : re-largage des amarres, vrai départ
  • 09h00 : début d’une navigation de rêve, secoués dans un clapot résiduel certes, mais aussi heureux et bercés par un calme méditatif qui ne nous abandonnera plus.
  • 12h58 : Arrivée au port de Toulon en Darse Nord du Mourillon.

Conclusion : chacun de nous peut trouver son Everest à gravir, et s’il peut être à la fois ridicule pour certains observateurs et rigolo pour d’autres, il est toujours pour nous-mêmes gigantesque, absolu, et se rendre capable de le franchir n’est jamais anodin.





mercredi 19 février 2014

Sur la plage, abandonné...

Un corps inanimé sur la plage à Cannes, à proximité de pêcheurs à la ligne plus préoccupés par leur dorade du soir que par le sort de leur congénère, dont le visage dans le sable et les jambes vrillées ne laissaient guerre de doute quant à la tristesse de son état...

Dans un premier temps le groupe de pêcheurs était tellement décontracté que j'ai cru qu'ils étaient ensemble, et que donc rien ne devait inquiéter personne.
Mais dans le doute je me suis approché, et quand j'ai compris que personne ne connaissait le corps étendu je suis allé lui bouger l'épaule, pour lui demander s'il allait bien.

Aucune réaction, aucune réponse, le visage restait face contre sable, le corps me semblait même soudain d'une rigidité cadavérique glaçant mon propre sang.

Alors j'ai pris mon mobile pour appeler les urgences, tout en remontant sur le boulevard du front de mer, où je vois dans le même temps passer une ambulance que j'interpelle illico et qui s'arrête pour m'écouter.

Les ambulanciers sautent sur la plage, bousculent et réveillent le jeune homme, me crient d'appeler le 15, s'occupent de lui... Les urgences me répondent assez rapidement, et me disent arriver très vite.

Les ambulanciers ont maintenant pris en charge le jeune homme, restent sur place, me remercient, me disent que je peux désormais partir, qu'ils s'occupent de lui, me remercient encore.

Je m'éloigne donc, et une fois un peu plus loin je vois les secours arriver sur place, environ seulement 5 minutes plus tard.
Ils prennent en charge le malade et repartent toutes sirènes en action.

Hier, j'ai sauvé la vie d'un jeune homme.


lundi 3 juin 2013

<< 'ticoocoocools II, le retour ! >>

Lors de mes balades et autres tests nautiques extrême...ment tranquilles, mes "petits coucous cools" sont des moments privilégiés filmés pour partager ces sensations de bien-être et de plaisir avec vous !

En voici donc une playlist (qui liste et qui plaît) :

vendredi 14 décembre 2007

Tout peut voler...

... Ce n'est qu'une question de vitesse ! (citation de mémoire de je ne me rappelle plus qui ;-)

La preuve, même les bâches peuvent voler et se piloter, il n'y a plus de valeurs ma p'tit' dame :
(Dailymotion ayant supprimé sans préavis l'intégration de vidéos vous devez cliquer sur le lien)
20071204 proto001 R300x150
envoyé par Alomphega


D'autres films d'essais de cerfs-volants et même des essais artistiques avec les cartes vidéos "minutes de bonheur" ici.

samedi 10 novembre 2007

Rions un peu...

Sur l'air non sans raison souligné de "l'Apprenti Sorcier" De Paul Dukas (à ne pas confondre avec Georges Lucas), un enchaînement rigolo-spectaculaire de travaux acharnés :

samedi 15 septembre 2007

On air...

Bon, un stage de véliplanche pour savoir "comment ça marche", les deux premiers jours dans l'eau à essayer de remonter sur la planche et enfin la libération les trois derniers jours : ça file bien, merci.

Le gréement bermudien à wishbone est effectivement des plus intéressant, même s'il reste une curiosité dans la recherche de veliperformances pour petits navires qui m'habite.

Je n'ose pas vous montrer les photos car ma surcharge pondérale me rappelle à un minimum de dignité. Mais enfin en cherchant dans mes albums Picasa vous n'aurez pas de mal à trouver de quoi pouvoir vous plier en deux ou fondre en larmes, c'est au choix...

En suivant un stage de kitesurf qui s'est hélas arrêté au premier jour d'initiation : même si j'ai un physique de rêve que l'on croirait parfait, j'ai hélas plein de petits défauts comme cette arthrose dans les épaules qui m'interdit certains mouvements. Exit donc pour moi le plaisir de la glisse tractée, le corps bronzé et musclé sur les plages de sable doré, les minettes accrochées...

Mais par contre cette découverte en fut une, et d'autres solutionnesques idées germent à présent en moi. Par exemple pourquoi s'encombrer de 4 suspentes (dans un contexte précis, je ne parle plus ici de kitesurf) lorsqu'on peut obtenir le même résultat avec deux ? (je reste énigmatique, c'est du teasing pour mon blog sur la recherche nautique ;-)

Et enfin un petit essai de cerf-volant delta pilotable à deux suspentes, donc. La première fois de ma déjà bien longue vie que j'éprouvais le plaisir de faire voler un cerf-volant.

C'est beau, un cerf-volant qui vole.

J'ai fixé le moment sur une petite vidéo que je vous laisse découvrir si vous êtes assez curieux pour en souffrir les nombreux défauts, car c'est ma quasi première vidéo. Nettoyez bien votre écran vous risqueriez de cacher le cerf-volant derrière une poussière :
Cliquez ici pour aller voir la vidéo

lundi 13 août 2007

J'ai volé !

Dimanche 12 août 2007 j'ai vécu une des expériences les plus dingues qu'on puisse imaginer. Je conte icelle ici, sans exagérer, juste avec un peu d'épices dans la forme narrative pour ne pas vous ennuyer :

Imaginez un aérodrome dans un film style Hollywood 1950 avec des bruits de moteurs de Spitfires et autres Hurricanes en fond, dans lequel le héros (c'est moi), tout frais et bleu débarquant de sa campagne pour demander comment un avion peut voler aux autochtones de l'endroit en question, se voit répondre gentiment par l'autre héros (le pilote aux lunettes de soleil Rayban et au chewing-gum) que s'il veut il peut l'emmener pour faire un essai...

Grand plaisir du petit gars dans ses souliers (toujours moi) qui accepte avec le mélange de peur et de plaisir si particulier d'un enfant à qui on promet le "Grand-8" pour la première fois de sa vie.

Parce que c'était la première fois de ma vie où je pouvais voler de manière consciente et responsable dans un petit coucou. J'avais bien eu une première expérience de vol en petit avion privé de tourisme pour m'emmener à 3000 mètres d'altitude pour la guérison de ma coqueluche, mais j'avais alors 7 ou 8 ans et il y a donc prescription sur les souvenirs réels du moment...

Arrive donc le jour J, ce fameux dimanche dernier, RdV à 17h30 avec Franck Paindavoine, le beau et fringant pilote d'Aéroconcept, sis à l'aérodrome civil de Cuers, dans le var, en Provence, sur la Côte d'Azur la bien nommée.

Frank me parle de ce vol d'initiation calmement, alors que je sens déjà mon coeur s'emballer à l'idée de me faire promener dans les airs par ce pilote certes beau gosse mais que je ne connais pas, finalement. Et dans ce coucou certes sympathique mais qui semble relativement léger face à ma surcharge pondérale inavouée mais hélas bien présente.

Il me parle aussi de la visite "pré-vol", cette vérification à faire sur l'appareil avant de partir voler, et en profite pour m'expliquer les commandes de ce petit avion Ultra Léger Motorisé (ULM). C'est là que j'apprends ce que sont les palonniers et les autres commandes. C'est là aussi que j'apprends que le pilote s'assoit dans le siège de gauche, et que je m'assiérai donc dans le siège de gauche...

... Je lui demande de répéter. Il répète en souriant, et je souris en retour en me disant qu'il a décidément de l'humour, cet homme.

Nous prenons donc place et comme il l'avait dit je m'installe sur le siège du pilote, persuadé qu'il s'agit là d'une initiation "in vivo" de la belle manière, c'est-à-dire qu'il pilotera depuis ses doubles commandes d'instructeur et qu'il me laisse à gauche pour que je me fasse une idée plus précise des conditions réelles qui m'attendent si je décide de prendre des cours, plus tard.

Il me laisse même prendre les commandes en faisant rouler l'avion sur la piste, pour l'amener en position de décollage. Tout fier de mes zigzags qui laissent quand même l'avion sur le bitume, une fois l'appareil en début de piste je m'apprête à bien me caler au fond de mon siège pour observer sa manoeuvre de décollage de pro.
Une première fois ça s'apprécie, ça se goutte, ça se déguste.
Et en plus quand même l'appréhension de ce premier vol m'aide à m'effacer, je dois l'avouer.

Il (le pilote beau gosse aux Rayban, Franck quoi) voit mon mouvement de recul et m'invite à reposer la main sur le manche, à me caler confortablement les pieds sur les palonniers, et à me décontracter pour mieux sentir l'appareil.

Je m'exécute volontiers en me disant qu'il a raison, qu'en suivant les impulsions qu'il donnera je comprendrai mieux "comment ça vole".

Puis il m'explique en faisant la chose qu'il met les gaz, et m'invite encore à me détendre.

Il met les gaz, donc. L'avion accélère, une sensation fantastique quand on le sent se décoller du sol...

... Et là je comprends que c'est vraiment moi qui pilote quand je vois ses mains se poser sur ses genoux et la piste se dérober sous l'avion !

En une fraction de seconde je vous promets que je me suis rappelé de tout ce qu'il venait de me dire en 1/2 heure de briefing, y compris et surtout à quoi servaient ce tube métallique dans ma main droite et les deux pédales sous mes pieds...

Je crois que j'aurais même été capable de vous réciter toutes les tables de multiplication de mon enfance en même temps que les fables de Jean De La Fontaine au complet tellement mes sens étaient aux aguets et mon attention au taquet !

L'avion montait en même temps que ma tension baissait : merveilleux.

S'il m'avait averti de la chose je n'aurais probablement jamais accepté. Mais quel psychologue cet instructeur là, qui m'a permis de connaitre un grand et fort moment en douceur.

Puis après la montée, à 2500 pieds soit environ 750 mètres, le palier.

Il m'explique alors avec quelques démonstrations les commandes "in vivo" (là c'était du vrai, pas la simulation à laquelle je m'attendais au départ) et nous étions au début des 45 mn magiques où il m'a laissé - sous ses directives, conseils, et surveillance - piloter son appareil.

Quelques turbulences pour "m'apprendre les conditions", notamment un effet venturi avec quelques effets de relief assez impressionnant au col de La Fourche, près de Collobrières, des changements de cap pour continuer le survol du coin (en tout Pierrefeu, Sollies-Pont, aperçus plus loin Le Luc, la presqu'ïles de Giens, Porquerolles, St Tropez...) puis le retour, la piste en vue... Là ça faisait peut-être une quarantaine de minutes que je pilotais, mais mon palpitant a commencé à s'emballer et j'avoue ne pas m'être senti capable de continuer pour l'atterrissage lui-même.

J'ai dit d'une voix qui ressemblait probablement plus à une crécelle un jour d'épidémie généralisée qu'à ce timbre si sûr de lui qui fait d'habitude tomber toutes les femmes : "Vous voudrez peut-être reprendre les commandes ?"

Et mon héros (oui, c'est toujours lui mais depuis il est devenu mon héros à moi) de reprendre les commandes dans un geste naturel de bon aloi, rassurant, sans aucune hésitation ni attente - je vous avais dit qu'il était psychologue - et qui enchaine, comme pour ne pas me laisser trop honteux : "C'est vrai que ça souffle un peu, quand même...".

C'est vrai que ça soufflait un peu, quand même.
Et là j'ai pu apprécier la classe de l'homme (toujours le même, normal, nous n'étions que deux dans l'avion, et vous le savez déjà si vous avez bien suivi) qui très calmement descend vers la piste en crabe (le vent, vous suivez ?) et qui redresse l'appareil à quelques centimètres (allez, on va dire un mètre ou deux) de la piste, juste avant que les roues arrières ne touchent le sol.

Un posé en douceur : d'abord les roues arrières, puis la roue avant. L'avion tremble, bruite, puis se détend en même temps que son passager (moi, donc).
Et là, toujours d'un calme olympien et d'une décontraction toute pilotine (j'aime bien glisser quelques néologismes, parfois) mon héros de me demander, gentiment, comme pour ne pas me vexer : "Pourriez-vous freiner maintenant, s'il vous plaît ?"...

Puis il (lui) me laissa ramener l'appareil en roulant vers son hangar, pour triompher devant ma belle (mon épouse, 18 ans qu'elle me supporte, mais que ne ferait-on pas pour impressionner encore et toujours les filles ?) et frimer en avouant ce que je venais de faire.

Bon, la voix encore toute tremblante a un peu empêché la frime devant ma belle, c'est vrai, mais que la dame semblait heureuse pour moi !

Elle m'expliqua plus tard que ce n'était pas uniquement le bonheur, mais que son sourire était provoqué surtout par la vue de mes zygomatiques contractés et de mes yeux écarquillés, preuves de mon bonheur aérien nouveau.

Bref, à ce stade du récit vous savez presque tout.

Il me reste à remercier encore Franck Paindavoine d'Aéroconcept, école de pilotage ULM à Cuers, et à vous laisser voir quelques immortalités de ce grand moment :
http://picasaweb.google.fr/Alomphega/1erVolEnULMMultiaxes1erCoursDePilotage